Fillon et Fukuda soulignent la “vision commune” franco-japonaise avant le G8
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TOKYO, 11 avril 2008 (AFP) - Le Premier ministre français François Fillon et son homologue japonais Yasuo Fukuda ont souligné vendredi à Tokyo leur “vision commune” dans la perspective du sommet du G8, qui sera organisé par le Japon du 7 au 9 juillet.

“La France et le Japon sont deux partenaires politiques majeurs qui partagent une vision commune de l’avenir du monde”, a affirmé M. Fillon lors d’une conférence de presse, au Kantei, la résidence des chefs de gouvernement japonais.
Les deux pays “vont faire face ensemble, en partenariat” aux enjeux qui seront abordés lors du sommet organisé dans trois mois sur l’île de Hokkaido (nord du Japon), a promis de son côté M. Fukuda.
Le réchauffement climatique et l’aide au développement figureront parmi les principaux sujets de cette réunion sous présidence japonaise.
Selon le chef du gouvernement français, “les pays industriels ont un rôle essentiel pour montrer la voie vers une croissance qui soit moins dépensière en carbone et pour inviter les pays émergents à participer à la lutte contre le réchauffement”.
Dans une déclaration commune distribuée en marge du point de presse, Paris et Tokyo indiquent un choix commun de privilégier l’aide à l’Afrique, au moment où un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de faire état d’une baisse de 8,4% sur un an de l’aide au développement octroyée par 22 pays riches aux pays pauvres en 2007, avec un recul marqué pour le Royaume-Uni, la France et le Japon.
MM. Fillon et Fukuda ont souligné par ailleurs l’opportunité que présente, selon eux, le fait que le Japon préside le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) au moment où la France prendra la présidence semestrielle de l’Union européenne.
Paris et Tokyo vont “développer des synergies” pour tirer parti de cette coïncidence, a assuré M. Fillon, insistant sur la lutte contre “l’instabilité économique et financière”.
Le Premier ministre français a aussi réaffirmé, devant la presse japonaise, le “plein soutien” de la France à l’obtention par le Japon d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
Il a par ailleurs insisté auprès des Japonais, a-t-on rapporté côté français, pour que le sommet de juillet permette de poursuivre le débat entamé avec les pays émergents lors des G8 de ces dernières années.
Tokyo n’a pas encore indiqué sa décision à ce sujet, mais le Japon est d’une façon générale très réservé sur la proposition du président français Nicolas Sarkozy de transformer le G8 en G13 en y accueillant, entre autres, la Chine.
M. Fukuda a enfin profité de l’entretien pour interroger son homologue sur le passage calamiteux à Paris de la flamme olympique, qui traversera le 26 avril Nagano, ville japonaise qui accueillit les Jeux d’hiver en 1998. Matignon n’a pas révélé la teneur de la réponse de M. Fillon.
Fillon vante au Japon l’industrie d’une France en pleine “modernisation”
Par Christophe SCHMIDT
TOKYO, 11 avr 2008 (AFP) - Le Premier ministre François Fillon a vanté vendredi à Tokyo la “modernisation” de la France sous l’effet des réformes économiques, en apportant son soutien à une industrie hexagonale qui peine à se faire une place au Japon.
Le chef du gouvernement, qui entamait une visite de travail de deux jours, s’est félicité de l’adoption à cette occasion d’une déclaration franco-japonaise “très importante”, qui reconnaît “pour la première fois” les attentes d’Airbus sur un marché nippon dont l’avionneur européen est presque absent.
Airbus, qui fait jeu égal avec l’américain Boeing au plan mondial mais ne détient que 4% du marché japonais, mise sur son futur A350 et sur le géant A380 pour enfin intéresser les deux grandes compagnies japonaises, JAL et ANA.
M. Fillon “a été extrêmement efficace et pugnace”, a estimé le PDG d’EADS Louis Gallois, membre de la délégation française. “Les industriels doivent faire aussi leur travail, mais il y a un climat qu’il faut être capable de créer et le Premier ministre l’a remarquablement fait”, a-t-il ajouté.
François Fillon s’est employé, a-t-on expliqué de source française à Tokyo, à tenter de “sortir le Japon de son tête-à-tête commercial avec les Etats-Unis”, tout d’abord pendant un déjeuner de travail avec son homologue Yasuo Fukuda, en présence de quelques grands patrons français.
Puis, au Keidanren, le siège du patronat japonais. M. Fillon a souligné devant un parterre de chefs d’entreprises japonaises que le potentiel des relations économiques franco-japonaises était “très sous-exploité”.
La part de marché de la France au Japon stagne à moins de 2%, faisant de l’hexagone le seizième fournisseur du Japon. Une contre-performance que ne compense pas la position de deuxième investisseur étranger, due essentiellement à la fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Nissan et à quelques implantations réussies, dont celle de l’assureur Axa.
François Fillon a défendu le programme économique engagé avec l’élection de Nicolas Sarkozy, expliquant longuement la réforme du marché du travail, les heures suplémentaires ou l’investissement dans la recherche.
La France, “en phase de modernisation”, a-t-il soutenu, “veut devenir un pays où il fera bon investir et développer ses affaires”.
A trois mois d’une visite-express du président Sarkozy, en marge du sommet du G8 à Toyako (nord du Japon, 7 au 9 juillet), le déplacement de M. Fillon est “une visite préparatoire très opportune”, a estimé la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui est du voyage.
Selon Mme Pécresse, qui connaît bien le Japon pour y avoir effectué une partie de ses études, “pour les Japonais, la France est encore trop souvent associée à la cuisine, à la mode, et pas aux sciences”.
La déclaration franco-japonaise diffusée vendredi engage aussi les deux pays, dans des termes très généraux, à faciliter “un accès réciproque aux exportateurs et aux investisseurs”.
Concrètement, Paris souhaite voir tomber les barrières réglementaires entravant l’entrée au Japon de ses produits notamment alimentaires et pharmaceutiques.
Les deux pays lancent enfin une centaine d’”Initiatives France-Japon” mettant notamment en relation les pôles de compétitivité français et japonais.
Paris et Tokyo ont enfin adopté vendredi une déclaration confirmant leur volonté d’intensifier leur coopération sur le nucléaire civil, un thème sur lequel M. Fillon devrait s’exprimer en détail samedi, en visitant un site de retraitement de déchets nucléaires développé en collaboration par Areva et Japan Nuclear Fuel dans le nord de l’archipel.